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La France juive : essai d'histoire contemporaine / Édouard Drumont
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GAMBETTA ET SA COUR

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méprisé les Jacobins nantis, les régicides devenus chambellans, comme Gambetta avait le droit de mépriser les Noailles, les Choiseul, les Monte- bello devenus ses complaisants et ses adulateurs, le grand Empereur avait respecté toujours cette masse sublime et généreuse, ce peuple militaire auquel il devait ses victoires ; il payait ses vétérans de leur dévouement en les grandissant à leurs propres yeux, en leur parlant le plus magnifique langage quon ait parlé à des hommes. Quand ces obscurs héros passaient devant lui pour aller à quelque charge meurtrière, il ôtait son petit cha­peau et les regardait défiler tête nue. Lautre méprisait ceux-mêmes dont lenthousiasme naïf et lenfantine crédulité lavaient élevé au pouvoir; il affichait bruyamment lespoir de faire égorger ceux qui avaient échappé à la Commune; il les faisait recenser dans ce but peu philanthropique, et, quand ils avaient murmuré devant lui, il les menaçait de sa canne comme un garde-chiourme aviné.

Ce mépriseur de tous finit méprisé de tous. Il avait surgi dans une fin dEmpire qui ressemblait déjà à une République, avec labjection; les sacri­lèges et les persécutions en moins ; il disparut dans une fin de République qui ressemble beaucoup à un Empire, avec la banqueroute en plus. Il fut lui-même comme une caricature dEmpereur, un Empereur juif , avons- nous dit en commençant; il aurait projeté, si tant est quen dehors du rêve dune guerre insensée il ait poursuivi quelque dessein bien arrêté, dins­taller un impérialat juif dans les cadres de la vieille société française et de se faire sacrer au Grand-Orient de la rue Cadet, dans quelque burlesque cérémonie. Le tablier du Franc-Maçon aurait tenu lieu du manteau semé dabeilles, et la truelle aurait remplacé le sceptre et la main de justice...